|
PAROLE POUR LA MISSION Eléments de réflexion missionnaire sur la Liturgie du Dimanche
Le CIAM propose un itinéraire hebdomadaire de réflexion sur la Liturgie du Dimanche, orientée vers la Mission. Des éléments y sont offerts, qui se veulent une méditation missionnaire proposée à la spiritualité individuelle ou communautaire, sur la Parole de Dieu. Cette Parole, en effet, continue de nous surprendre par sa longue fidélité à donner lumière,force et soutien au chemin missionnaire de l’Eglise.
![]()
|
|
L’arc
de la
conversion, de la vie et de la paix I°
Dimanche de Carême
Réflexions Dans les tentations (Evangile) Jésus n’a pas joué à faire semblant. Il s’agit de tentations réelles, comme sont réelles les tentations que vit le chrétien, que vit l’Eglise du Seigneur. «Si le Christ n’avait pas vécu la tentation dans sa réalité, si la tentation n’avait eu aucune signification pour lui, dans sa vérité intérieure d’homme et de Messie, sa réaction ne pourrait pas se proposer à nous comme un exemple, n’ayant rien en commun avec nous» (C. Duquoc). Ayant connu lui-même l’épreuve, il est en mesure de venir en aide à celui qui est dans l’épreuve (cfr Héb 2,18; 4,15).
Jésus est entré réellement en lutte avec Satan (v. 13) sur des choix possibles concernant son destin messianique. Les trois tentations rapportées dans les autres évangiles synoptiques de Matthieu et Luc, représentent chacune un modèle de Messie et donc aussi un idéal de mission. Trois tentations qui sont autant de “chemins raccourcis pour éviter le passage à travers la croix” (Fulton Sheen). Tentation de devenir: 1) un “réformateur social” (succès populaire garanti s’il accepte de transformer des pierres en pains, pour lui-même et pour les autres); 2) un “Messie des miracles” (un geste spectaculaire garantirait notoriété, ainsi que visibilité à son message); 3) un “Messie politique” (un pouvoir fondé sur la domination du monde aurait donné pleine satisfaction à ses ambitions personnelles et à celles de ses adeptes). Jésus vainc les tentations en choisissant de respecter intégralement la primauté du Père. Il lui fait une confiance totale et s’abandonne à son plan de salut pour le monde. Il accepte encore la croix par amour et meurt en pardonnant: c’est le seul moyen de briser la spirale de la violence et d’ enlever à la mort son poison.
Jésus s’affronte à la tentation dans la force de l’Esprit (v. 12), dont il est rempli depuis le sein maternel et par le baptême qu’il vient de recevoir (Mc 1,10). C’est l’Esprit de Pâque et de Pentecôte. Nous avons parfois cru que le pouvoir, l’argent, l’instinct de supériorité, l’activisme... seraient des voies apostoliques. Le missionnaire peut connaître la tentation de vivre de pareilles illusions. Il a donc besoin de l’Esprit du Christ, qui est l’agent principal de l’évangélisation (EN 75), le protagoniste de la mission (RMi 21). L’Esprit nous fait comprendre que le désert du carême est un temps de grâce (kairos): un temps pour les choses essentielles, à remplir de tout ce qui a de la valeur authentique. C’est un temps à vivre dans le silence, loin de tout ce qui est bruit, précipitation, argent ou autres futilités qui polluent notre existence. L’invitation concrète de Jésus «convertissez-vous», changez de chemin ne se veut pas un ordre pénible, mais une opportunité nouvelle et définitive. C’est le chemin indiqué vers la vie, et vers la paix: “croyez à l’Evangile”, croyez donc à Jésus-même (v. 15). La bonne nouvelle à vivre, pour l’apporter aux autres, n’est autre que Lui. (*) Conversion et baptême : deux grands thèmes de catéchèse missionnaire pour le temps de carême. Ils auront leur point culminant dans les célébrations de Pâque, pour les catéchumènes aussi bien que pour les chrétiens déjà baptisés. Des thèmes qu’on retrouve dans les textes liturgiques à partir de ce premier dimanche de carême. St. Pierre (II lecture) associe explicitement le chemin de conversion et l’expérience de «Noé, figure du baptême». Le baptême qui nous sauve (v. 21) en Jésus Christ, qui est mort, le «juste pour les injustes» (v. 18) et ressuscité (v. 21). Noé n’était ni israélite, ni chrétien, ni musulman, mais «un homme juste, intègre dans sa conduite de vie, il marchait devant Dieu» (Gen 6,9). Avec lui Dieu établit une alliance avec l’Humanité (I Lecture), bien avant Abraham. Une alliance universelle avec tous les peuples, avant d’autres révélations successives. Une alliance non pas destinée à un groupe ethnique ou religieux, mais à tous les hommes. Alliance qui n’a jamais été retirée et doit se considérer toujours en vigueur! A considérer aussi, peut-être, comme base d’un dialogue toujours possible avec d’autres expressions religieuses et culturelles. Cette alliance concerne d’abord les personnes: «avec vous et vos descendants» (v. 9), mais aussi «avec tout être vivant... et avec tous les animaux (v. 10). Dieu est le premier écologiste, jaloux pour toutes ses créatures! Le signe de l’Alliance est l’arc-en-ciel. Dieu l’a choisi personnellement et en a fait le symbole de la volonté de Dieu pour sauver toute la création, lui qui ne se déclare jamais déçu de l’humanité. Aucune méchanceté de l’homme ne pourra jamais l’amener à détruire ce qu’il a créé. L’arc des flèches mortelles est devenu, par la volonté de Dieu, l’arc qui annonce la paix. Cette alliance
avec Noé s’est réalisée dans les temps bibliques (des millénaires avant
Jésus
Christ), probablement dans les terres du Moyen Orient (Irak et pays
voisins),
les terres que fécondent les fleuves Tigre et Euphrate. Le signe de
l’arc-en-ciel a été interprété, dans ces cieux, comme annonce de
prospérité et
de paix. Les mêmes cieux que sillonnent aujourd’hui des armes qui
sèment la
mort... Les arcs de guerre sont aujourd’hui beaucoup plus sophistiqués
et
sèment la terreur et la destruction partout. Un changement radical de
mentalité, une vraie conversion au Dieu de Jésus Christ,
serait
le seul moyen pour sauver l’humanité. Il est urgent de l’annoncer à
tous. Avec foi
et conviction! La Parole du Pape Benoît XVI Sur les pas des Missionnaires - 8/3: St. Jean de Dieu (1495-1550), portugais, fondateur des “Fatebenefratelli”, protecteur des hôpitaux, patron des infirmiers. - 8/3: Journée Internationale de la Femme. - 9/3: Ss. Quarante Soldats de la Cappadoce, martyrs à Sébaste (Arménie (+320). - 9/3: St. Dominique Savio, mort à 14 ans (+1857), élève de S. Jean Bosco. - 10/3: B. Elia del Socorro Nieves del Castillo, mexicain, agostinien, martyr à Cortázar (Mexique, +1928).
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
|