PAROLE POUR LA MISSION

Eléments de réflexion missionnaire sur la Liturgie du Dimanche

 

Le CIAM propose un itinéraire hebdomadaire de réflexion sur la Liturgie du Dimanche, orientée vers la Mission. Des éléments y sont offerts, qui se veulent une méditation missionnaire proposée à la spiritualité individuelle ou communautaire, sur la Parole de Dieu. Cette Parole, en effet, continue de nous surprendre par sa longue fidélité à donner lumière,force et soutien au chemin missionnaire de l’Eglise.

 


 

L’Esprit qui ouvre les coeurs et les frontières



Dimanche de Pentecôte

Année B - 04.6.2005



Actes  2,1-11

Psaume  103

Galates  5,16-25

Jean  15,26-27; 16,12-15

 

Réflexions

La fête juive de la Pentecôte -sept semaines, donc 50 jours après Pâques- était à l’origine la fête des moissons du blé (cf. Ex 23,16; 34,22). Plus tard on y ajouta le souvenir de la promulgation de la Loi sur le mont Sinaï. Ainsi, fête liée aux saisons de l’agriculture, la Pentecôte a fini par marquer l’histoire du peuple: un mémorial des grandes célébrations de l’Alliance de Dieu avec son peuple (Noé, Abraham, Moïse, Jérémie 31,31-34, Ezéchiel 36,24-27…). En plus du changement sur le calendrier, il faut remarquer surtout une perspective entièrement nouvelle par rapport à la Loi.  D’où une nouvelle façon aussi de comprendre et vivre l’alliance. La loi était en effet un don de Dieu, dont le peuple se sentait fier. Mais elle ne constituait qu’une étape transitoire et donc insuffisante.

 

Un progrès sur le chemin d’intériorisation de la loi était rendu nécessaire. Un chemin qui atteigne le sommet du don de l’Esprit, qui nous est donné pour tenir lieu de nouvelle loi, comme un départ nouveau et définitif d’une vie nouvelle. La Pentecôte chrétienne célèbre le don de l’Esprit «qui est Seigneur et donne la vie». Le peuple d’Israël s’est formé autour de la loi. Mais dans la nouvelle famille de Dieu sa cohésion ne vient plus d’un commandement extérieur, même excellent, mais de l’intérieur du cœur. C’est cela le fruit de l’Esprit, «parce que l’Amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint» (Rm 5,5). Grâce à lui «nous sommes fils de Dieu» et nous  disons “Abbà, Père!”. Nous sommes le peuple de la nouvelle Alliance, appelés à vivre une vie nouvelle, par l’Esprit qui fait de nous la famille de Dieu, dans la dignité de fils et d’héritiers (Rm 8,15-17).

 

A cette dignité doit correspondre, en cohérence, un autre style de vie. Paul (II lecture) en parle à l’aide de deux expressions concrètes et opposées: les oeuvres de la chair (v. 19-21) et les fruits de l’Esprit (v. 22). Pour tous ceux qui appartiennent au Christ et vivent de l’Esprit, il n’y a qu’un programme: «marchons sous l’impulsion de l’Esprit» (v. 25).

 

L’Esprit fait cheminer les personnes et les communautés humaines et chrétiennes, par un renouvellement et une transformation qui viennent de l’intérieur. L’Esprit ouvre les cœurs et les purifie, les guérit et les réconcilie, il leur permet de dépasser les frontières de séparation, il amène à la communion. Il est Esprit d’unité (dans la foi et dans l’amour) bien que dans la diversité des charismes et des cultures. On le voit dans l’événement de la Pentecôte (I lecture), où l’unité et la pluralité vivent ensemble parfaitement, les deux étant dons du même Esprit. Des peuples différents s’entendent, dans un seul langage qui est pour tous (v. 9-11). St. Paul dit ouvertement que l’Esprit peut rendre l’Eglise à la fois unie et variée, grâce à la pluralité de ses charismes, ministères et initiatives (cf. 1Cor 12,4-6). L’Eglise se trouve affrontée en permanence au défi d’être catholique et missionnaire, de quitter Babel pour devenir Pentecôte. C’est aussi l’enseignement qui nous vient du Pape Benoît XVI.  (*)

 

L’Esprit Saint est sans doute le grand don du Christ, le meilleur fruit de sa Pâque de mort et de résurrection. Esprit qu’il offre aux disciples par le signe symbolique du souffle (Jn 20,22-23). Il est l’Esprit du pardon des péchés et l’Esprit de la mission universelle. Il est le vrai protagoniste de la  mission (cf. RMi cap. III; EN 75s.), que le Christ a confiée aux Apôtres et à leurs successeurs. L’Esprit est toujours à l’œuvre: dans l’action missionnaire simple et cachée de tous les jours, aussi bien que dans les événements solennels. Je pense en ce moment au 3° Congrès Missionnaire des Amériques (CAM-3), qui est déjà en préparation et sera tenu à Quito (Ecuador) en 2008. L’espoir est de «renouveler l’événement de la Pentecôte dans les Eglises locales», en vue d’un engagement renouvelé dans le cadre de la nouvelle évangélisation et de la Mission ad gentes.

 

En vue de cette mission, l’Esprit nous est donné soit comme «guide à la vérité toute entière», soit comme Consolateur (Evangile). Sans oublier le pouvoir de guérir, qui est étroitement lié à son pouvoir de créer et purifier. Force qui est réelle et efficace, qui n’est pas facile à discerner, mais force qui trouve le monde missionnaire particulièrement sensible. Cette puissance de guérison peut atteindre parfois le corps, mais rejoint bien plus souvent l’esprit de l’homme. Il guérit ses blessures intérieures et verse là-dessus le baume de la réconciliation et de la paix.

 

 

La Parole du Pape

(*)  « L’Esprit Saint leur donne de comprendre. En surmontant la rupture initiale de Babel -la confusion des coeurs, qui nous élève les uns contre les autres- l’Esprit ouvre les frontières. Le peuple de Dieu qui avait trouvé au Sinaï sa première forme, est alors élargi au point de ne connaître plus aucune frontière. Le nouveau peuple de Dieu, l’Eglise, est un peuple qui provient de tous les peuples. L’Eglise est catholique dès le début, telle est son essence la plus profonde... L’Eglise doit toujours redevenir ce qu’elle est déjà: elle doit ouvrir les frontières entre les peuples et abattre les barrières entre les classes et les races. En son sein, il ne peut y avoir de personnes oubliées ou méprisées. Dans l’Eglise, il n'y a que des frères et des soeurs de Jésus Christ libres. Le vent et le feu de l’Esprit Saint doivent sans relâche ouvrir ces frontières que nous les hommes continuons à élever entre nous; nous devons toujours repasser de Babel, de la fermeture sur nous-mêmes, à la Pentecôte».

Benoît XVI

Homélie du Dimanche de Pentecôte, 15.5.2005

 

Sur les pas des Missionnaires

- 4/6: Afonso Mwembe Nzinga, roi du Kongo. Le premier souverain négro-africain qui a reçu le Baptême (1491).

- 5/6: St. Boniface, Evêque et martyr (675-754), moine britannique, grand évangélisateur de l’Allemagne, Evêque de Mayence, enterré à Fulda.

- 6/6: S. Norbert (1080-1134), Evêque de Magdeburg, fondateur des Prémontrés; missionnaire en France et en Allemagne.

- 6/6: S. Marcellin Champagnat (1789-1840), fondateur des Petits Frères de Marie (Frères Maristes), pour l’éducation et la formations des jeunes.

- 8/6: B. Jacques Berthieu, (1838-1896), prêtre jésuite français, missionnaire à Madagascar pour plus de 20 ans. Mort martyr à Ambiatibé.

- 8/6: B. Marie Thérèse Chiramel Mankidiyan (1876-1926), religieuse carmélite du Kerala (Inde), fondatrice des Sœurs de la Sainte Famille pour les jeunes et les nécessiteux.

- 9/6: B. Joseph de Anchieta (1534-1597), prêtre jésuite, né aux Iles Canaries, missionnaire et apôtre du Brésil, fondateur de la ville de São Paulo.

 

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Par le R. P. Romeo Ballan, mcci – Ancien Directeur du CIAM, Rome
Site Web:   www.ciam.org     “Parole pour la Mission”

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